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Au 168, rue du Faubourg Saint Honoré, le BAGDAD où l’on pouvait dîner et souper, fut réputé pour ses thés-dansants, ses attractions, ses spectacles. Durant toutes les années 30, et jusqu’au début de la guerre, il accueillit de nombreux autres orchestres que celui dirigé par Eddie  FOY et Ray  BINDER. Il n’était pas rare que trois formations se partagent l’animation du lieu comme en témoigne cette publicité de 1936 :





















Létablissement nexiste plus depuis longtemps et un immeuble moderne  a été construit à son emplacement.

  

Le  CERCLE  INTERALLIE, 33, rue du Faubourg Saint Honoré (8ème), demeure une adresse prestigieuse pour des réceptions de classe.

  
Le  DOGE, 16, rue Volney (2ème)
Ce cabaret a remplacé, fin 1942, celui où, à l’enseigne : CHEZ  ELLE,  les chanteurs Lucienne BOYER et Jacques PILLS recevaient leurs clients.













Les orchestres sont ceux de Christian WAGNER, saxo alto et clarinettiste de jazz, et du violoniste Raymond VERNEY. 
Le DOGE fut aussitôt classé parmi les plus élégants établissements de nuit de Paris et fut exploité jusqu’à la fin des années « 40 », au moins. On n’en trouve plus trace aujourd’hui à l’adresse.
  

L'EMPIRE, 41, Avenue de Wagram (17ème), dont l'origine remontait à la fin du XIXème siècle, fut, à partir de 1924, un music - hall puis devint un cinéma avant d'être utilisé, en dernier lieu, pendant plus de vingt ans, pour l'enregistrement d'émissions publiques de télévision.  Sa démolition complète a été décidée après qu'une explosion, en février 2005, ait provoqué des dégâts importants. L'immeuble qui lui succèdera aura une autre destination. 

En 1924, le Figaro du 18 février annonce : « Le 29 février : ouverture de ce magnifique établissement de 3000 places avec Maurice Chevalier. Le plus grand music-hall - cirque d'Europe. ».
Du 30 décembre 1927 au 1er janvier 1928 : Pour la première fois en France, le formidable numéro de Jack HYLTON and his Boys. 
« Jack HYLTON, voilà un jazz qui est une attraction complète et qui apporte sur la scène une vie, un mouvement, une imagination dont nous avons été émerveillés. Nous reviendrons plus en détail sur ce numéro qui ne ressemble à aucun autre et auprès duquel l'orchestre de WHITEMAN était une réunion d'enfants sages. Mais soulignons tout de suite l'étonnante fantaisie de ces musiciens et de leur chef, leur évocation des rythmes de différents pays, sur un thème d'opérette américaine, et l'utilisation heureuse des lumières qui contribuent à donner toute sa joie à ce groupe d'artistes, exécutants excellents et qui, s'ils le veulent, sont de parfaits acrobates. »   (Candide  du 5 janvier 1928)
Du 9 au 22 mars 1928 : Le jazz à deux pianos : WIENER et DOUCET 
« MM WIENER et DOUCET accouplent leur jeu sur deux pianos et obtiennent, grâce à leur entente parfaite et à leur rare virtuosité, des effets de mélodie et de rythme extraordinaires. Il y a là une utilisation aussi nouvelle qu'ingénieuse d'un instrument classique qui, sous les doigts de MM WIENER et DOUCET acquiert des sonorités nouvelles. Les deux artistes, dont il appartient aux critiques musicaux d'apprécier la technique, ont été chaleureusement applaudis. »  (Figaro du  12 mars 1928)
Du 15 au 26 juillet 1928 : Quinzaine de gala pour les débuts en France du célèbre quintette du gramophone: The REVELLERS.  Le spectacle est prolongé jusqu'au 9 août en raison «  du formidable succès » des chanteurs. 
« Du phono à la scène. Les REVELLERS à l'EMPIRE.
Tout Paris, ou tout ce qui reste de tout Paris s'entasse à l'EMPIRE pour assister à la première audition des REVELLERS, le fameux quintette américain. Chevalier est dans une avant-scène, Gaby Morlay dans une loge, Henri Falk aux fauteuils, non loin de Jacques FRAY et de beaucoup d'autres … Le reste de Paris, c'est-à-dire du monde, est à la campagne, sous un ciel tranquille et … tue sa soirée en mettant au phonographe des disques des REVELLERS. Mais, nous tous, les trois mille personnes qui bravons dans cette salle une chaleur américaine, nous n'avons pas craint de nous entasser pour voir enfin d'où sortent ces voix fameuses qui nous viennent d'habitude d'un petit meuble du salon ... » (Candide du 19 juillet 1928)
  
Du 16 au 29 mai 1930 : Pour la première fois en concert: le célèbre jazz français : Les GREGORIENS, de GREGOR (avec notamment : Guy PAQUINET (trombone), Edmond COHANIER (saxophone ténor), Stéphane MOUGIN (piano), Roger FISBACH et Charles LISEE au saxophone alto, Stéphane GRAPPELLY (violon ou piano ?) et Léo VAUCHANT (qui les rejoint au dernier moment et joue du vibraphone) 
Cette prestation avait été précédée d'une interview accordée le 28 février 1930 au journal  Comœdia par l'extravagant GREGOR et dont un extrait suit :
« La nouvelle formule du jazz latin va enfin occuper la place qu'elle mérite. Grâce aux MOUGIN, FISBACH, BRUN, GRAPPELLY, COHANIER, YATOVE, Roger ALLIER  etc ... etc ... il existe une formule latine de jazz. Dans mon orchestre, cette formule constitue la base de notre interprétation. Voilà huit mois que j'essayais par tous les moyens de forcer une porte qui demeurait obstinément fermée au jazz français : l' EMPIRE. C'est chose faite et le 16 mai, je serai, avec mes GREGORIANS recrutés parmi les toutes premières vedettes du jazz, la tête d'affiche de l' EMPIRE. Il s'agira pour nous de prouver après les Jack HYLTON, les INGENUES, les GOLDEN  SERENADERS etc ... qui se sont succédés sur cette scène, que nous avons le droit de prétendre intéresser et recueillir les suffrages d'un public, plus près de nous parce que français et que nous sommes des artistes français ... »
« Le jazz français de GREGOR. On nous annonçait, bien entendu, une fois de plus, le plus grand jazz du monde. C'est effrayant ce qu'ils sont nombreux ces plus grands jazz du monde. L'originalité de celui-ci consiste en ce qu'il est français, son défaut c'est qu'étant français, il paraît surtout anglais ou américain. Mais comment pourrait-il en être autrement? Présentation, danses, plaisanteries, tout est l'imitation de ces jazz anglo-saxons que nous entendîmes si souvent. Mr GREGOR, l'animateur de cet orchestre s'agite beaucoup, salue, sourit, s'éponge, resalue, pirouette, danse, se pâme même, envoie des baisers, se repâme, danse et salue de nouveau. Sa politesse lui vaut autant de succès que le mérite de son jazz et que son agilité. Quelquefois même on ne serait pas sans désirer qu'il conduisît son orchestre plutôt que de se laisser entraîner par ses Grégoriens, mais on ne peut pas tout faire à la fois. C'est déjà pas mal de danser si allègrement. D'ailleurs on ne s'empêchera pas de penser que Mr GREGOR a composé un jazz par amour de la danse et pour satisfaire sa passion. On est ravi qu'il y prenne tant d'agrément. » (Candide du  29 mai 1930)
« En juillet / août 1930, l'orchestre Ted LEWIS avec, à côté de musiciens médiocres, de bons tels que Muggsy SPANIER  Trompette, Tony GERARDY  Guitare, Jack AARONSON  Piano, George BRUNIES  Trombone et Jimmy DORSEY  Saxophone alto. »   (Hugues PANASSIE - Douze années de jazz)
En janvier ou février 1931 : La chanteuse américaine Sophie TUCKER, accompagnée par un “jazz”.  
Ray VENTURA et ses 18 Collégiens espiègles sont programmés du 26 juin au 9 juillet 1931 et reviennent au début de l'année suivante.
En 1948, à partir du 11 avril, Claude LUTER et son orchestre participent  (hors concours) à une émission publique radiodiffusée au cours de laquelle Robert Beauvais présente notamment le Tournoi National des Orchestres de Jazz Amateurs.
Du 16 février au 1er  mars 1953 : Porgy and Bess, de George GERSHWIN. Orchestre sous la direction d'Alexander SMALLENS avec Cab CALLOWAY dans le rôle de Sportin' Life.
  

Salle  GAVEAU, 45, rue La Boëtie (8ème)

Inaugurée en octobre 1907, la salle GAVEAU est, depuis, consacrée essentiellement à la musique dite « classique ». Cependant elle a aussi, depuis le début des années « 20 » et continue de le faire, programmé régulièrement des musiciens ayant un rapport plus ou moins étroit avec le jazz.
Les concerts dédiés à cette musique ont été en grande partie répertoriés, jusqu'au milieu des Années 60, sur le site :


http://jazzsallesconcerts.ifrance.com/


  

Le  GRAND  HOTEL, 12, Boulevard des Capucines / 2, rue Scribe (9ème).

Il s’agit toujours d’un des plus grands établissements de Paris. Situé à  proximité de l’Opéra, il a accueilli parmi ses clients de nombreux artistes de renom. 

  

MAXIM'S, 3, rue Royale (8ème) adresse universellement connue mérite une visite, au moins virtuelle,  grâce à son merveilleux site :

http://www.maxims-de-paris.com

Se souvient-on que dans les années « 30 », des formations étoffées s’y produisaient ? Ray BINDER, bien sûr, mais aussi, en 1933 / 34 : Fred ADISON, en 1934 / 35 : RUMOLINO et son pupitre de saxophones réputé (Christian WAGNER, « Coco » KHIEN, Jean LAPORTE) auquel, cependant, on défendait de jouer « hot », et, en 1938 : Jean LAPORTE.

Et puis, dans les années « 50 », ces orchestres alors célèbres : Jack DIEVAL, Léo CHAULIAC (longtemps pianiste de Charles TRENET) ou André EKYAN (qui fut l’un des meilleurs saxophonistes alto européens).

En 1967 encore, le Guide Julliard de la nuit écrivait : « Après minuit, sur la piste, les danseurs sautillent vaguement aux accents du jerk interprété par André EKYAN et son orchestre en une sorte de confiture au « one-step ». Les derniers airs à la mode sont ainsi broyés dans sa moulinette. (Il serait de mauvais ton que lorchestre jouât trop bien) » 

  
En août 2007, parmi les lieux de la capitale où Ray BINDER s'est produit,  certains subsistent, d'autres ont disparu.
Quelques uns sont évoqués ici, par ordre alphabétique (photographies de Francis MORELLO)
  

L'OLYMPIA, 28, Boulevard des Capucines (2ème)

Inauguré en 1893 par Joseph Oller, ce music-hall passera entre différentes mains, dont celles de Jacques CHARLES et de Léon VOLTERRA avant sa reprise, en 1954 par Bruno COQUATRIX.
Le  jazz y a souvent été présenté. L’essentiel des programmes qui lui ont été consacrés (jusqu’en 1969) figure sur le site :

http://jazzmusic-halls.monsite.wanadoo.fr/
  

Le PAVILLON  DAUPHINE, Place du Maréchal de Lattre de Tassigny  (16ème), n’a pratiquement pas changé depuis l’époque où Ray BINDER  y dirigeait son orchestre.

  

Le 14 JUILLET, ouvert en 1933 au 21 du Boulevard du Montparnasse et qualifié rapidement de « boîte en vogue », devient quelques mois plus tard le cabaret – dancing : BIDON  5. On trouve maintenant, au 19,  la brasserie : AU CHIEN  QUI  FUME.

  

Le THEATRE  des  CHAMPS  ELYSEES  (il a aussi été  appelé : Opéra Music - Hall des Champs Elysées, Music – Hall des Champs Elysées ou Champs Elysées Music – Hall)  et  la  COMEDIE  des  CHAMPS  ELYSEES, 15, avenue Montaigne (8ème)

  
Le Théâtre des Champs Elysées, inauguré le 2 avril 1913,  a accueilli le jazz, naissant, dès la fin de la Première Guerre Mondiale.
Le Lieutenant James Reese EUROPE s'y produisit en août 1918, à la tête de sa fanfare noire comprenant d'excellents jazzmen et dont la musique syncopée suscita l'intérêt, dit-on, des musiciens de la Garde Républicaine.
En 1925 (l'enseigne était alors : Music - Hall des Champs Elysées), la « Revue Nègre », avec en vedette Joséphine BAKER et la présence dans l'orchestre de Sidney BECHET, obtient un grand succès.
« La Revue Nègre … Donc, tout Paris est là, dans la salle éteinte. L'orchestre habituel du théâtre se tait dans son trou. Et les musiciens de l'orchestre nègre portant leurs instruments, défilent un à un dans l'obscurité, devant le rideau gris-perle. Projecteur. Et le jazz éclate, à la fois silencieux et transpercé de coups de trompette, dans un coin de la scène vide …
A la fin, le rideau tombe, sur un roulement pharamineux de la batterie et un coup de cymbale décisif …»  (Candide - 12 novembre 1925)
« La troupe nègre, après sa représentation au MUSIC  HALL  des  CHAMPS  ELYSEES donnera une série de représentations sur la scène d'un autre théâtre. C'est quand les nègres auront terminé leur engagement, d'ailleurs prolongé, au MUSIC  HALL  des  CHAMPS  ELYSEES qu'ils se trouveront libres et pourront se produire ailleurs. »  (Figaro -  23 octobre 1925)
  
Quelques exemples d'autres évènements importants et de leur présentation ou de leur relation par la presse :
1926
« Du 1er au 13 mai : Elsie JANIS, première fantaisiste d'Amérique. Les célèbres pianistes Jean WIENER et Clément DOUCET ou: "Le jazz à deux pianos". »   (Figaro 1 mai 1926)  (La Semaine à Paris mai 1926)
« Réjouissons-nous du succès de MM. WIENER et DOUCET. On a dit, et je n'en comprends pas la raison, que ces “jazz” au piano n'étaient pas du music-hall. Au contraire, ces deux grands monstres noirs (sic) sous les projecteurs blafards, les deux hommes si différents d'aspect qui savent les rendre dociles à tous les rythmes, offrent le plus impressionnant spectacle, d'un goût sobre, et d'un art si plein d'imagination. »  (Candide 13 mai 1926)
« Le roi du jazz band Paul WHITEMAN va venir à Paris. WHITEMAN qui dirige l'orchestre noir du Tivoli de Londres a une réputation mondiale. Il a déclaré dernièrement, de la façon la plus formelle, que jamais il n'adapterait au jazz les grands chefs - d'œuvres de la musique classique. “BACH, BEETHOVEN et CHOPIN, a-t-il dit, peuvent dormir en paix. Je n'ai aucune intention sacrilège”. Tant mieux. »   (Candide 22 avril 1926)
« Demain, 2 juillet, aux CHAMPS  ELYSEES  MUSIC - HALL: La merveille des merveilles, le célèbre orchestre jazz de Paul WHITEMAN ; 32 virtuoses qui ont bouleversé le monde. »  (Figaro 1 juillet 1926)
« Un jazz  de  42.000 francs. Le 2 juillet débutera à l' OPERA  MUSIC - HALL  des  CHAMPS ELYSEES, présenté par Mr Sayag, l'orchestre américain Paul WHITEMAN composé de 32 virtuoses du jazz. L'ensemble de ce jazz est payé le cachet fantastique de 42.000 francs par représentation. Le spectacle comprend également le célèbre danseur américain Harland DICKSON (ou DIXON ?). » (La Semaine à Paris - juillet 1926)
« Jazz ... ons. Il (qui ? le jazz, parbleu!) est le roi du jour. Du café et du dancing, il s'est élevé au music-hall. Cela ne lui suffit plus. Il a voulu la vedette, il l'a. C'est Paul WHITEMAN et son orchestre qui sont "le clou" (eût-on dit naguère) de l'OPERA  MUSIC - HALL  des  CHAMPS  ELYSEES. Je sais bien qu'il y a, dans son programme, une part au genre clowns musicaux. Mais elle n'est pas la cause du succès: celui-ci tient dans le jazz lui-même. N'est-ce point un signe des temps ? »  (La Semaine à Paris, en juillet 1926)
« La revue Black Birds de Lew LESLIE avec Florence MILLS, Johnny HUDGINS, le célèbre clown noir, chanteur et danseur et le fameux orchestre jazz COMMANDERS  BAND de Irving AARONSON ainsi que le danseur américain Harland DIXON. »  (La Semaine à Paris, en  juillet et août 1926)
« On annonce les six dernières représentations du Spectacle Nègre avec Florence MILLS. » (Figaro 7 août 1926)
« Le 13 août, changement de programme avec Irving AARONSON et le jazz The COMMANDERS. » (Figaro 13 août 1926)
  
1929











L'Excelsior du 6 octobre 1929

 « Nous allons applaudir “en concert” Jack HYLTON et ses Boys (exclusivité Gramophone - La voix de son maître). Ces rois de l'imagination, de la poésie, du charme et du lyrisme qui ont été sacrés les premiers du monde par les critiques musicaux les plus éminents présenteront au cours de ces deux soirées uniques une rétrospective des succès qui ont fait leur réputation mondiale : Blue skies, Hallelujah, Sunshine, Ramona, Buffalo rythm, Gonna get a girl, Blue Pipes of Pan … » (Figaro 14 mars 1929)
« Il y avait foule pour entendre l'orchestre Jack HYLTON and his Boys en concert  jazz. Heureusement ce récital n'eut pas la gravité qu'on pouvait craindre. Ce fut une belle séance de musique de music-hall avec éclairages savants, mises en scène ingénieuses et humour des exécutants. »   (Candide 24 octobre 1929)
1932
Le magazine : Jazz Tango Dancing N° 26 de novembre 1932 s'inquiète au sujet de Ray VENTURA et de ses compères :









L'annonce suivante, parue dans l'Excelsior du 4 décembre 1932 ne pouvait qu'apaiser ses craintes



  
1935 
 Ultraphone présente le QUINTETTE  du Hot Club de France   (Jazz Tango Dancing de février 1935)
1949
Le 11 octobre : Orchestre Buck CLAYTON  et les 5 et 6 novembre : Louis ARMSTRONG     (Boris Vian -  Jazz News de novembre 1949)
1950 
Les 23 / 24 et 25 décembre : Django REINHARDT et son Quintette dans
« Expressions de Jazz » avec Babe WALLACE et Marianne LUTZ - PASTRÉ.
(Une Semaine de Paris, décembre 1950)
1952 
« Le 23 février, le Théâtre National Populaire a présenté un concert de jazz qui
a attiré la grande foule et était présenté par Gérard Philippe. Avec l'orchestre
de Claude LUTER, Bernard PEIFFER et son Trio (Jean BONAL, Pierre
MICHELOT) qui accompagnent le chanteur Fats EDWARDS, Nelson
WILLIAMS avec le Trio Art SIMMONS, le Quartette de Jack DIEVAL et la
formation de neuf musiciens d'Hubert FOL ... Mauvaise ambiance due à la
"guerre" entre les anciens et les modernes ...  »   (Jazz Hot d'avril 1952)
1958 
11 et 12 février : MODERN  JAZZ  QUARTET  M.J.Q. (John LEWIS  Piano, Milt
 JACKSON  Vibraphone, Percy HEATH  Contrebasse, Connie KAY  Drums)
 (Une Semaine de Paris en février 1958)
« Ces deux concerts des 11 et 12 février furent satisfaisants à tous égards. Les quatre solistes qui composent le M.J.Q. ont encore perfectionné la mise en place des pièces qu'ils jouent. Quelle merveilleuse entente entre John LEWIS au piano, Milt JACKSON au vibraphone, Percy HEATH à la basse et Connie KAY à la batterie. Il s'agit d'une musique raffinée et subtile qui est véritablement du "Jazz de chambre". Le swing est contrôlé avec beaucoup de science. Lorsque les quatre compères décident de le libérer, il atteint une rare intensité. LEWIS et JACKSON sont des improvisateurs brillants au goût très sûr. Rien d'étonnant que ce quartet ait triomphé aussi brillamment au dernier Festival de Musique Contemporaine de Donaueschingen.

Pour un certain nombre d'amateurs, John LEWIS ne fait plus de jazz. La présentation des musiciens ajoute du crédit à cette conception. Ces quatre noirs barbus se présentent de manière fort cérémonieuse et portent l'habit avec un sérieux jusqu'alors absent des scènes du jazz. John LEWIS est un grand amateur de musique classique. Il n'hésite pas à citer dans ses chorus les maîtres qu'il vénère et nombre de ses compositions sont construites sur des fugues. Cette musique reste pourtant fort simple, beaucoup plus que bien des tentatives actuelles d'autres jazzmen, et la sonorité harmonique est sensible à tout auditeur. Le succès obtenu auprès du public parisien prouve que cette conception du jazz est aujourd'hui accueillie avec ferveur par un grand nombre d'amateurs. Deux salles bourrées d'auditeurs (il y avait cent personnes sur la scène derrière l'orchestre ...) ont chaleureusement acclamé John LEWIS. Ce fut un triomphe. Un troisième concert eut lieu à la SORBONNE le samedi suivant. Le M.J.Q. s'impose bien comme la meilleure petite formation actuelle. Son public ne semble pas être le même que celui qui aime Louis ARMSTRONG et Lionel HAMPTON. Et ce dernier (le public ou Lionel ? N.D.L.R.) se demande non sans inquiétude si le jazz ne va pas perdre dans ce genre de tentatives ses vertus essentielles. Question à laquelle une réponse sera donnée dans quelques années.     Frank Ténot. » (Guide du Concert  du 28 février 1958)

  
Le THEATRE  MONTPARNASSE, 31, rue de la Gaîté (14ème), construit en 1886, fut dirigé par Gaston BATY de 1930 à 1943. Il présente toujours avec succès des pièces de théâtre.
Le jazz n'y a fait que quelques incursions, comme au début des années « 30 » :
1930 : Le 4 novembre : dans le cadre des « mardis de Montparnasse » : WIENER  et  DOUCET interprètent, en dehors d'œuvres classiques, Cadences de Jean WIENER, Limehouse (INGRAHAM), Strike up the band (GERSHWIN), I've got a woman crazy for me (WHITING), The love parade (SCHETZINGER)    (La Semaine à Paris, en novembre 1930)
1931 : Ray VENTURA et son orchestre, de retour d'Amérique, participent aux    « Rendez-vous de cinq heures », prévus à partir du 20 janvier. (Jazz Tango Dancing de janvier 1931)