[http://site.voila.fr/musiciensjazzparis2]
[http://www.jackhylton.com/]
[./index.html]
[Web Creator] [LMSOFT]
Charles HARY - Bernard  HILDA - Jack  HYLTON


Charles HARY  Saxophones  Clarinette
« … Charles HARY a commencé par végéter pendant des années. Il n’était pas précisément mauvais musicien, loin de là : mais rien ne permettait de penser qu’il s’élèverait un jour au dessus de la bonne moyenne. Rien, sinon son style bizarre, presque tortueux, qui le distinguait de ses pareils sans toutefois l’en détacher. Sa phrase musicale faisait des bonds de kangouroo (sic), et sa pensée était bien difficile à suivre. De méchants confrères insinuaient même qu’il n’en avait point, et que l’originalité de ses solos était précisément due à l’incohérence de son style.
Et puis, un beau jour, vers 1943, si mes souvenirs sont exacts, Charles HARY s’est mis soudain à faire des progrès. Pas de petits progrès, comme chacun est appelé à en faire, mais des progrès énormes, qui allaient le placer en quelques mois à la tête des clarinettistes français, où il semble bien être le seul rival d’Hubert ROSTAING ...
… son jeu devint beaucoup plus souple, sa pensée plus claire, son sens du swing considérablement enrichi ... la valeur de Charles HARY n’est plus aujourd’hui contestée par personne …
Son jeu, où malgré son évolution il reste une touche d’imprévu qui d’ailleurs en fait le charme, est également marqué par un certain sens de l’humour que l’on retrouve chez l’homme … Au cabaret, il se présente avec la simplicité qui convient à un jeune chef d’orchestre ; il ne pose point à la grande vedette, mais sait divertir une salle par sa perpétuelle bonne humeur, qu’il réussit à faire passer dans son jeu.
Charles HARY est un fanatique du Duke. Lorsqu’il passe au Hot Club (14, rue Chaptal), son premier soin est d’aller écouter les derniers ELLINGTON et de s’en délecter consciencieusement. Après ça, étonnez-vous lorsque, lui demandant quels sont ses musiciens préférés, il vous cite pêle-mêle : Johnny HODGES, Barney BIGARD, Lawrence BROWN, bref, toute l’équipe célèbre. Et, à la place de Jimmy HAMILTON, je me méfierais : si jamais Charles HARY pique une seconde crise de progrès semblable à la première, il serait bien capable de traverser l’Atlantique et de lui succéder … » (André HODEIR – Jazz Hot septembre / octobre 1946 – extraits)
  
Bernard  HILDA  Violon  Guitare  Chant  Chef d'orchestre
Né le 6 décembre 1914 à Paris, décédé en juin 2005.
Il étudie le violon  au Conservatoire de Paris, jusqu'à l'âge de 18 ans. Il apprend également la guitare et le chant. Dans les années 30, il joue du violon dans l'orchestre de Roland DORSAY et dans celui d'Eddie FOY et voyage dans l'Europe entière. En 1934, il joue de la guitare dans un quintette. L'année suivante, il dirige son propre orchestre.
Jacques HELIAN a écrit à son sujet : « Violoniste de jazz, guitariste et aussi excellent « crooner », Bernard était tout à fait indiqué pour animer les boîtes de nuit à la mode. En 1938, il était à la tête d' une petite formation pour les soirées du Florian où j'ai eu l'occasion de le voir à l'œuvre, étant dans l'orchestre au côté d'un saxo-ténor extra, un étranger, brésilien je crois, nommé MACHADO ou plutôt: Don MACHADO. En 1939, il est au Club des Champs Elysées pour de longues années (sauf les années de guerre). Les étés se passent soit à Biarritz, soit en Belgique, Knokke. Entre- temps, l'orchestre fait un séjour de trois mois à Londres, les formations du Ciro's de Londres et de Bernard ayant procédé à un échange de leurs places respectives ... Bernard HILDA va faire beaucoup de déplacements à l'étranger, en Italie (Milan, Rome) et en Espagne principalement. Notons qu'il parle quatre ou cinq langues très couramment. Si un client lui demandait dans n'importe quelle langue, n'importe quel morceau, instantanément il arrêtait le morceau en cours et il attaquait sur son violon ce qui était désiré en criant le ton à l'orchestre ... et les musiciens suivaient ... »
Pendant la guerre, à Nice, il dirige son orchestre au Maxim's, un établissement  luxueux, puis au Relais à Cannes.
Début 1947, il participe à l'émission radiophonique : « Quand un Vicomte », de Jean Nohain. Quelques mois plus tard, il engage le saxophoniste Don BYAS et quitte Paris avec son orchestre pour un engagement de six mois à Barcelone. Le Sporting de Monte Carlo accueille l'orchestre en 1949, et, en 1951, il est à la Pergola, établissement qui connaîtra une fin malheureuse.
Pendant longtemps, Bernard HILDA a partagé ses activités entre la radio, son propre cabaret et les disques. Il a également fait un séjour aux Etats Unis où plus de 10 millions de ses disques auraient été vendus.
Dans les années 50 et 60, il assure la partie musicale des grandes émissions télévisées de Gilles Margaritis : « Music-Hall Parade », puis « La Piste aux Etoiles » (où il remplace Jean LAPORTE). Il est alors considéré comme chef d'orchestre de cirque et il perd la clientèle des cabarets.
 « A la Nuit du Jazz en décembre 1951, se produisait l'orchestre de Bernard HILDA. Celui-ci a formé une équipe d'amis pour jouer des arrangements inspirés des meilleurs orchestres modernes. Arrangeurs : Billy MOORE (longtemps arrangeur de Jimmy LUNCEFORD) et Pierre GOSSEZ, Pierre NICOLAS et  Raymond LEFEBVRE, respectivement alto-sax, ténor-sax et piano dans l'orchestre. » (Jazz-Hot de février 1952)
Par la suite, Bernard HILDA devient impresario aux Champs Elysées. Il est aussi apparu dans des films : Je suis de la revue (1949), Mademoiselle Josette, ma femme (1950), Ils étaient cinq (1951).

Le site :

http://site.voila.fr/musiciensjazzparis2

recense des lieux parisiens où il joué. 
  
Jack  HYLTON  Chef d'orchestre
Né le 2 juillet 1892, décédé le 29 janvier 1965.

Son site officiel peut être visité à l'adresse suivante :

http://www.jackhylton.com/

Tout, ou presque, y est consigné, mais il est possible d'ajouter ces quelques éléments complémentaires sur ses représentations à Paris :

La presse annonce, pour les 20 mars, 15 et 17 mai et 27 juin 1930, des concerts à la Salle PLEYEL par Jack HYLTON and his BOYS. Le 16 mai 1930 : « Au Bar Pleyel, un porto réunira ʺ de cinq à sept ʺ les fidèles clients de Pleyel-Phono. Jack HYLTON signera quelques disques que l'on entendra sur le phonographe électrique Pleyel. »  (La Semaine à Paris, en mai 1930). L'orchestre se produira dans la même salle en 1931 et 1932. Il y précèdera la venue, pour leur première fois dans la capitale, en 1933 de Duke ELLINGTON et en 1934, de Louis ARMSTRONG.
16 février 1931 : Pour la première fois à l'OPERA : Concert de l'orchestre Jack HYLTON and his Boys. Au programme : du jazz, deux préludes de RACHMANINOFF et "Mavra" de STRAVINSKY. (Jazz Tango Dancing de février  1931)   (La Semaine à Paris, en février 1931).
Jack HYLTON dirige ses ʺ boys ʺ , du 3 au 16 avril 1931, puis pendant 15 jours, en décembre de la même année à l'EMPIRE.

« Jack HYLTON. Evidemment, un grand orchestre ne nous procure plus le même effet de surprise que nous avons éprouvé autrefois. Mais celui-ci sait si bien varier ses rythmes, trouver des cocasseries d'orchestration, ou faire rebondir son sketch par l'arrivée d'un danseur ou d'un joueur de baguettes, qu'on trouve le numéro trop court et qu'on rappelle interminablement une troupe qui ne nous lasse jamais. »  (Candide du 7 janvier 1932)

En 1933, sur la scène du cinéma  REX : deux semaines de triomphal succès pour Jack HYLTON and his Boys. Le saxophoniste Coleman HAWKINS a joué alors dans l'orchestre.

Le 8 février 1934, c'est  Madame HYLTON qui présente, toujours au même endroit,  son propre « jazz ».  « Le ménage HYLTON est un ménage moderne. Monsieur a son jazz. Madame, elle aussi, a voulu avoir ses boys. Elle nous les a montrés en liberté vendredi dernier Salle PLEYEL. Le jazz a conservé, en dépit des années, un public d'aficionados zélés. L'immense salle était fort convenablement remplie quand le rideau se leva sur l'orchestre vétu de pantalons noirs et de spencers blancs … Madame HYLTON, à vrai dire, donnait l'impression de suivre le rythme des musiciens plus qu'elle ne conduisait … Au dessus de ses camarades, il nous faut citer le contrebassiste, un long personnage dégingandé qui exécute sans sourciller des danses excentriques invraisemblables et qui pratique les claquettes avec virtuosité. Certains airs, en particulier le fameux “Stormy weather” obtiennent un succès énorme … »   (Candide du 8 février 1934)

Le  THEATRE  des  CHAMPS  ELYSEES présente, les 17 et 18  octobre 1929  deux concerts par Jack HYLTON and his Band :
« Il y avait foule pour entendre l'orchestre Jack HYLTON and his Boys en concert jazz. Heureusement ce récital n'eut pas la gravité qu'on pouvait craindre. Ce fut une belle séance de musique de music-hall avec éclairages savants, mises en scène ingénieuses et humour des exécutants. »   (Candide du 24 octobre 1929)
Au même endroit, le 5 avril puis en novembre 1930 : Concerts : Jack HYLTON and his Boys    
« “Jack HYLTON et ses Boys” Les derniers concerts donnés par Jack HYLTON aux “Champs Elysées” ont été triomphaux. Voici comment ils furent appréciés par le critique musical d'Excelsior :
Jack HYLTON et ses joyeux boys sont revenus. Après une tournée triomphale dans nos grandes villes de province, cette compagnie de virtuoses vient de retrouver, au Théâtre des Champs Elysées, le public fervent et éclairé que lui ont recruté les disques, incomparables fourriers du succès. Leurs deux concerts furent deux soirées d'apothéose.
Je suis de ceux qui se félicitent de cet enthousiasme. On doit se réjouir de la réussite d'une telle formule de spectacle sur tout notre territoire. Car aucune propagande musicale n'est plus efficace que celle-ci. Les plus respectables tournées de marchands de sonates servent moins utilement notre art que les clowneries supérieures de ces acrobates instrumentaux.
Aucun paradoxe dans cette affirmation. Je ne prétends pas édifier l'esthétique du jazz sur les ruines de la musique dite sérieuse. Mais j'estime que nos mélomanes ont besoin de voir comment il faut aimer la musique. Il faut l'aimer comme le font ces virtuoses, avec allégresse, avec une joie simple d'enfants, avec une tendresse familière. Il faut savoir jouer avec la musique, savoir jongler avec elle, la palper, la manier, la caresser voluptueusement, la respirer comme une fleur. Beaucoup trop d'amateurs ne goûtent au concert qu'un plaisir cérémonieux et une délectation morose. Ils se tiennent à distance trop respectueuse du foyer musical, ils ne s'y réchauffent pas les sens et le cœur. Que dis-je ? Toute une école de compositeurs a cru devoir tabler sur la force d'attraction irrésistible de l'ennui, de l'ennui qui “fait riche”, qui a quelque chose de noble, de hautain et de distingué, et qui rassure l'ignorant sur la “tenue” de ses plaisirs.
Ce n'est pas ainsi qu'il faut aimer MOZART, CHOPIN, ou DEBUSSY. Il faut que leurs œuvres soient pour l'oreille des friandises, il faut les savourer et les déguster comme des fruits miraculeux ou des vins de haute classe. Il ne faut pas dépouiller l'œuvre musicale la plus sublime de son élément secret de sensualité. Et c'est la leçon profonde que nous donnent en gambadant les boys de Jack HYLTON.
Voilà de grands artistes, des “as” de leurs instruments, qui pourraient plus légitimement que beaucoup de nos solistes “collet-monté” faire preuve d'une dignité pleine de morgue. Quand on joue du trombone comme Lew DAWIS, de la trompette comme Jack RAINE, ou du xylophone comme Harry ROBINS, on a le droit de plastronner à l'avant-scène et de prendre des airs compassés. Mais ces joyeux garçons n'y songent guère. Ils s'ébattent et s'ébrouent dans l'orchestre comme des poissons dans l'eau. Car ils sont vraiment - et combien de musiciens peuvent en dire autant ? - ils sont vraiment dans leur “élément”. Les facéties auxquelles ils se livrent sont d'ordre strictement musical. C'est une sonorité, c'est un rythme, c'est un accord qui les fait naître. Les beaux saluts cérémonieux qu'échangent soudain les solistes avec leur chef ne sont que le prolongement ironique et plaisant d'une inflexion de la mélodie, les cocasseries de timbres constituent souvent une critique très fine de la personnalité d'un instrument, les pîtreries des saxophonistes soulignent très spirituellement l'esprit d'un dessin rythmique et le romantisme pâmé des barcarolles vénitiennes est caricaturé d'un seul trait infaillible par les trombonistes qui, renversant leur instrument sur le sol, accompagnent les Contes d'Hoffmann en se servant de la coulisse rentrante comme d'une perche tour à tour plongée dans la lagune et retirée de l'eau par un gondolier photogénique. Voilà vraiment de la parodie musicale de premier ordre. » (L'Edition musicale vivante, 4ème trimestre 1931, p 14, cité dans : La France du Jazz de Denis-Constant MARTIN et Olivier ROUEFF - Editions Parenthèses)

« Lors de son passage à Paris, Jack HYLTON a fait officieusement une proposition d'engagement à Stéphane GRAPPELLY, pour remplacer Johnny ROSEN, son premier violoniste parti pour former son propre orchestre. Il est à croire que la proposition était insuffisante, car on peut toujours entendre GRAPPELLY aux thés du CLARIDGE et le soir au STAGE  B. »  (Jazz Tango Dancing février 1935)